05/04/2012

Audenarde - 1

Une petite escapade touristique, en groupe, à Audenarde.

 

 

Histoire de la commune

 

La ville d’Audenarde (ou Audenaerde, et en néerlandais : Oudenaarde), traversée par l’Escaut, avait à l’origine deux noyaux urbains, Pamele sur la rive droite de l’Escaut et Audenarde sur la rive gauche, lieux qui se sont surtout développés à partir du 12ème siècle. Mais vers l’an mil, la région était une zone de conflits. En effet, non loin de ces deux lieux, existait depuis au moins le 11ème siècle, sur la rive droite également, un lieu d’établissement et de commerce qui se développait autour d’un « castrum » établi pour la défense du Saint-Empire Romain Germanique (les deux autres lieux fortifiés établis sur la rive droite de l’Escaut étaient Anvers et Valenciennes). Ce lieu, nommé Ename, situé à trois kilomètres d’Audenarde, et qui comprenait un « portus », fut dévasté en 1033 par le comte de Flandre Baudouin IV. Le comte Baudouin V s’en empara définitivement et il y fonda l’abbaye Saint-Sauveur en 1063. Quoiqu’il en soit, Audenarde reçut dès 1190 du comte de Flandre Philippe d’Alsace, une charte de franchise. De nombreuses institutions religieuses seront fondées à Audenarde au cours des siècles suivants tels le cloître de Sion, le couvent des Frères mineurs, l’abbaye de Maagdendale – ou "abbaye du Val-des-Vierges" – un béguinage, etc.

Des rôles de bourgeoisie et des livres de bourgeoisie apparaissent déjà au 13ème siècle. La tapisserie sera fort longtemps une activité primordiale pour la ville, et l’on connaît déjà d’importants tapissiers au 14ème siècle, une époque qui vit aussi l’essor de l’industrie du drap à Audenarde. C'est dans le dernier quart du 15ème siècle qu’Arent de Keysere (Arnaud, Arnold ou Arnould de Keysere ou encore Arnoldus Caesarisa) introduisit l’imprimerie dans la ville. Le célèbre poète flamand Matthys (de) Casteleyn (1485-1549) y vécut.

En 1521, l'Empereur Charles-Quint résida quelque temps à Audenarde, alors que son armée mettait le siège devant Tournai. La légende - mais est-ce une légende ? – veut que les lunettes qui apparaissent dans les armoiries de la ville ont été mises dans celles-ci après que Charles-Quint soit arrivé en ville sans que le guetteur de la ville ne l’ait remarqué, lui et sa cour… Charles-Quint y rencontra Jeanne van der Gheynst, fille d’un modeste tapissier du village voisin de Nukerke, dont il eut une fille, nommée Marguerite d’Autriche, née à Audenarde en 1522 et que son père légitimera. Celle-ci est mieux connue sous le nom de Marguerite de Parme, suite à son mariage avec Octave Farnèse, duc de Parme. Elle sera gouvernante générale des Pays-Bas (la Belgique, les Pays-Bas et le Grand-duché de Luxembourg actuels, plus la Flandre française et l'Artois) et la mère d’Alexandre Farnèse.

Le magnifique hôtel de ville d’Audenarde sera bâti entre 1526 et 1536. Durant les troubles religieux du 16ème siècle, Audenarde souffrira de la furie iconoclaste de 1566, et en 1572, sera même gouvernée par les « Gueuxs des bois ».

En 1593, Audenarde et Pamele sont réunis juridiquement : les livres de bourgeoisie de Pamele s’arrêtent dès lors à cette date. Adriaen Brouwer, un peintre célèbre, y naquit vers 1606. Les Français prirent la ville en 1658, en 1667 et en 1684, et c'est ainsi que la ville fut rattachée quelque temps à la France.

La bataille d'Audenarde, le 11 juillet 1708, qui vit la défaite des Français face aux armées alliées (Autrichiens, Anglais et Hollandais), se déroula essentiellement sur le territoire du village d’Eine (aujourd’hui englobé dans Audenarde). Cette bataille, un épisode de la guerre de succession d’Espagne, fit s’affronter les troupes du duc de Marlborough et du prince Eugène de Savoie opposées à celles du duc de Vendôme et du petit-fils de Louis XIV, le duc de Bourgogne.

Les Français reprirent encore la ville en juillet 1745 et la rendirent après l’avoir démantelée.

La tapisserie, industrie qui fut si importante pour la ville d’Audenarde et en fit sa gloire, était telle que Louis XIII chargea des tapissiers d’Audenarde d’établir à Paris la manufacture des Gobelins et de réorganiser les ateliers de Beauvais. La décadence de la tapisserie entraîna la fermeture du dernier atelier de tapisserie en 1772.

En 1857, le chemin de fer fait son apparition à Audenarde par la ligne Audenarde-Gand.



Beffroi et hôtel de ville


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En 1525, à la veille du Carnaval, les habitants détruisirent la maison des échevins, de style roman, pour faire de la place à un nouvel édifice en pierre de Balegem. Cette pierre n'a malheureusement pas résisté à la corrosion et a été remplacée (au 20ème siècle)par du grès français plus résistant à cette corrosion.

L'architecte fut le Bruxellois Henri Van Pede et l'entrepreneur, Willem de Ronde. Le 15 mai 1526, le gouverneur de la ville, Philippe de Lalaing, posa la première pierre et dès 1537, Audenarde put s'enorgueillir de posséder un bijou d'hôtel de ville, un édifice de style gothique tardif brabançon, nettement apparenté à ceux de Bruxelles et de Louvain. L'ensemble est joliment exécuté, dans un parfait équilibre entre le goût des Bourguignons pour l'ornementation et le sens des prportions propre aux Flamands.

 

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L'élégance du bâtiment est encore favorisée par la galerie du rez-de-chaussée et le balcon du premier étage, mais aussi par la tour du Beffroi, haute de 40 mètres, couronnée par la statue de « Hanske de Krijger », qui représente un soldat de deux mètres de haut arborant la bannière de la ville.

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Le beffroi était le symbole médiéval des privilèges accordés aux villes. Jusqu’au XIXe siècle, la tour était dotée d’un carillon. La couronne et les aigles dorés symbolisent l’empire de Charles Quint, le souverain de l’époque.

 

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Sur la place, une très belle fontaine : le « Marbol » et aussi le bronze « Universus » créé par Johan Tahon (1998).


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L'intérieur de ce bâtiment exceptionnel est remarquable.



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La Salle du peuple est un espace très simple qui occupe tout l'avant du premier étage. Le manteau de la cheminée, de style gothique tardif, est de la amin de Paul Vander Schelden, un artiste d'Audenarde ; la partie supérieure, néo-gothique, fut réalisée en 1880 par le sculpteur Van Hellepute.


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On peut voir au centre la statue de sainte Walburge, à gauche la Justice et à droite la Force.

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Dans les semelles des poutres du plafond sont sculptés les blasons des principaux états de Charles Quint.


On pénètre dans la Salle du Conseil par le célèbre tambour de porte (1531-1535), chef d'oeuvre réalisé par Paul Vander Schelden et Pierre Merlier.


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Les 28 panneaux des portes sont décorés de superbes sculptures, arabesques et enfants occupés à jouer.

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La partie supérieur du tambour est d'inspiration flamande. Deux griffons soutiennent le blason de l'empereur ; à gauche, on peut voir des lions avec le blason de la Flandre et à droite des sauvages avec le blason d'Audenarde.

 

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Les armoiries de la ville sont : Fascées de gueules et d’or, à un lion de sable lampassé de gueules brochant sur le tout, l’écu ayant pour timbre une couronne d’or sommée d’une paire de lunettes de même et pour tenants deux hommes sauvages au naturel avec leur massue.



Une logette a été astucieusement aménagée dans la partie supérieure du tambour. Celle-ci était occupée par une personne chargée de vérifier le bon déroulement des réunions des magistrats de la ville. Ce « contrôleur » gagnait cette cabine par une échelle et une ouverture dans le mur invisibles de la salle.

Le manteau de cheminée est aussi agrémenté de sculptures néo-gothiques : Notre-Dame, l'Espérance et la Justice. Il est également l'oeuvre de Paul Vander Schelden.


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(à suivre)



Pour compléter :



http://www.johantahon.be/site/index.php?option=com_content&view=article&id=76&Itemid=31&lang=en



00:24 Écrit par Papylou-999 dans Photographie, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tourisme, belgique, audenarde

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